Le A-Wing ralentit, puis entame une
large cercle, afin de nous déposer silencieusement dans une grande
allé, ou plutôt, un chemin en friche... Le propriétaire des lieux
ne doit être trop regardant sur l'entretien...
Au bout de cette allée, un escalier
immense mène à un temple, qui semble émerger de terre, lui aussi,
désert et en piteux état... C'est un genre de Temple Khmer, en
forme de pain de sucre, construit en bloc de granit noir...mais je ne m'y connais pas trop bien, en
architecture... De plus, nous sommes au Tibet, et je n'imaginais pas
ce genre de monument içi... Enfin, je voyage loin pour la première fois!
Les temples de l’Asie n'ont rien a
voir avec nos cathédrales. C'est vraiment un nouveau Monde qui se
présente a moi.. Tout est différent et tout est a découvrir.
Des singes et des oiseaux crient dans
la Jungle environnante. J'aurais juré le Tibet aussi plus...
désertique.
Nous commençons a gravir les
innombrables marches de l'escalier et je me tourne vers César.
-"Vous êtes sûr que c'est
içi ? Personne n'a l'air de nous attendre..."
-"Oui, en effet... Nous ne
sommes peut-être pas attendus ...", me répond t'il,
tranquillement.
En haut de l'escalier, se trouve une
grande place, immense, cernée de colonnes sculptées qui
apparemment, ne supportent plus rien depuis longtemps.
César m'arrête. Un étrange
personnage est assis en tailleur sur une stèle, au beau milieu de la
place. Vêtu d'une toge blanche à manche longue, il semble en pleine
méditation. Nous nous approchons discrètement, jusqu'à nous
présenter devant lui.
Il ressemble à vieux Maître chinois, avec une grande barbichette blanche d'une bonne trentaine de
centimètres et un chignon de cheveux blancs, soutenu par une
baguette de bambou. J'arriverais difficilement a lui donner un âge,
car malgré ses cheveux blancs, son visage ne porte aucune rides...
J'allais ouvrir la bouche, mais César
me fait signe de n'en rien faire. Nous attendons donc quelques
minutes, quand l'étrange personnage daigne nous adresser la parole,
toujours les yeux fermés sous ses gros sourcils.
-"Vous êtes américains ?",
nous demande t'il.
César me regarde et hausse les
épaules.
-"Je suis français !",
dis-je.
Il se met à rire, toujours les yeux
fermés.
-"Hi ! Hi ! Hi !
Je n'ai jamais vu de français... Mais ils sont sûrement aussi
stupides que les américains !"
Il ouvre enfin les yeux et nous
dévisage, tous les deux, de la tête au pieds, puis se relève
tranquillement. Il semble assez maigre, sous sa toge. Il s'approche de
moi. Deux mètres nous séparent et il me jauge de nouveau.
-"Que venez-vous, faire içi ?
Du tourisme ?"
-"Il vient faire un
stage.",annonce César, en s'inclinant.
Le vieux chinois ne semble pas l'écouter et me toise encore, tout
en caressant l’échevelée de son long bouc, puis se met a dessiner
quelques geste en l'air de ses grand bras, en une lente et tranquille
chorégraphie.
Je ne sais pas, mais je ne sent pas
bien la suite...
En effet, il s’arque-boute
soudainement et joint les main comme pour me repousser, tout en
poussant un cris. Bien que ne m'ayant pas touché, je sens une
douleur terrible dans l'estomac et une force invisible qui m'envoie voler
jusqu'aux premières marches de l'escalier. Je glisse comme une
savonnette, de tout mon long sur les pavés couverts de mousse. Je
tente de me relever, mais me ravise, finalement. Je reste à genoux..
Je vais peut-être attendre un peu, car il est devant César, à présent.
Il refait la même chorégraphie et je
suis étonné de voir César, a son tour, faire un vol plané jusqu'à
mes côté. Nous sommes tous les deux par terre, côte a côte et le
vieux chinois ricane de nouveau, toujours en caressant son bouc.
-"Vous vous laissez faire ?",
dis-je a César, surpris.
Il hausse les épaules.
-"Çà doit être sa manière
de nous souhaiter la bienvenue... Il faut que je me fasse aux
coutumes locales... Je vais le saluer à mon tour !"
César fait un salto arrière pour se
retrouver aussitôt sur ses pieds, puis tend le bras et la main
gauche en direction du vieillard. Celui-ci décolle à la renverse et
s'en va voler plus loin, vers les colonnes du temple. Surpris, il
secoue la tête et se relève aussi sec.
Il se met en garde, tel un karatéka,
puis semble hurler des ordres d'une voix sèche.
Aussitôt, une vingtaine de jeunes
moines au torse nu et aux pantalons d'étoffe dorée semblent surgir
de toute part, tel des yamakasi. Ils forment rapidement un cercle
autour de César, qui laisse lentement tomber son poncho à terre.
Tout en toisant ses adversaires d'un regard méfiant, il me lance son
sabre-laser et se met en position de défense. Je reste en retrait,
avec l'arme dans mes mains. Je ne sais même pas comment s'allume cet
engin !En fait, je me demande s'il n’aurait pas mieux fait de
le garder...
Le combat commence et j'ai du mal a
voir les coups pleuvoir, tellement ils sont rapides. Les guerriers
volent, les uns après les autres, comme des poupées de chiffons.
Certains ce relèvent aussitôt rejoindre le combat, tandis que
d'autres restent à terre, sonnés. Le vieux semble alors les
sermonner du regard. Sous la mêlée de bras et de jambes, je
discerne à peine mon Maître.
Le vieux chinois hurle de nouveau,
alors qu'une deuxième vague d'assaillants arrive. Cette fois, ils
sont beaucoup plus nombreux... Une bonne cinquantaine, je pense. Ils
se ressemblent tous !
Le tableau de l'arène devient
sur-réaliste ! César au milieu et tous ses acrobates qui le
cernent, qui feintent et qui cherchent une faille... Ils se jettent
sur lui par petit groupes, mais César saute, vole, esquive les coups
avec une rapidité incroyable !
Encore un cri et une nouvelle vague
arrive encore ! C'est de la folie ! Je n'en crois pas mes
yeux. Mon Maître les survole. Je pense, en cet instant, qu'il
commence a employer la Force car il a tendu ses bras devant lui et
décrit lentement un cercle. Un mur invisible et infranchissable
semble se former. Plus aucun combattant ne peut s'approcher sans
finir irrémédiablement a genoux. La démonstration de Force dure
encore quelques seconde, puis le vieux chinois, en levant rapidement
le bras, semble crier l'arrêt du combat.
Aussitôt, les assaillants encore
valides forment une haie d'honneur, sur la place, séparant d'un
couloir César et le vieux moine. Le silence se fait et le vieillard
s'approche, en caressant toujours sa barbiche. Il rit de nouveau et
s'incline devant César.
-"Je vous remercie, Grand
Maître. Je pense qu'ils ont appris quelque chose, aujourd'hui. Rien
de tel qu'un peu de pratique pour conforter la théorie, n'est ce
pas ?"
César, a peine essoufflé, s'incline à son tour, devant le
vieux moine, puis ramasse son poncho.
-"Oui. Un peu d'exercice ne peut
faire que du bien..."
Ils reviennent tranquillement vers moi,
discutant, comme si de rien n'était, comme deux vieux amis. Je me
suis relevé, et gratte la mousse verte qui couvre mon pantalon.
-"Que me vaut l'honneur de votre
visite ?", s’inquiète le moine.
-"Je vous présente Néo... Il
aurait, apparemment, besoin d'une petite formation, au sein de votre
confrérie..."
Je salue le vieux chinois. Finalement,
je ne suis plus très chaud... Il a bien deviné que je n'ai pas les
talents de César...
Le vieux Maître hoche la tête.
-"Je vais m'occuper de lui..."
César s'incline de nouveau, comme pour
le remercier.
-"Quelle compensation vous faut
t'il ?"
Le vieux réfléchit quelques instants,
la main dans la barbe.
-"Je ne vous demanderais rien.
Vous m'avez économisé là plus de six mois de cours... Et puis, ce
jeune disciple fera comme les autres: il payera de sa sueur son repas et son couchage..."
C'est bien ça ! Je me vois mal
parti ! Il faut qu'on foute le camps !
-"Ne me l'esquintez pas !",
précise fermement César. Je sens qu'il allait ajouter quelques recommandations, mais il semble se raviser... Il se tourne vers moi, en me
pointant du doigt.
-"Ne me déçoit pas, Néo !"
Je suis stupéfait! Il me laisse avec ces sauvages! Je le vois
redescendre les escaliers, comme ça, tranquillement.
Soudainement, le sabre-laser vibre dans
mes mains, puis s'en échappe afin de rejoindre la ceinture de son
Maître.
-"Tu n'en aura pas besoin,
ici !", me crie César, arrivé en bas.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Bonjour! S'il vous plait, allez sur la page 'Commentaires' réservée, ce sera plus pratique pour tout le monde. Merci a tous!