Nous avons quitté la Mine et rentrons
par les chemins poussiéreux. Nous ne sommes pas restés boire un
coups avec Han et Chewy... Je n'en ai pas le cœur, et César l'a
bien vu. De toute façon, on ne les a pas revus sur les terrasses.
Encore une fois, je marche silencieux
sur le sentier.
« Il n'est pas prêt ! »...
Ces paroles, prononcée sans appel par le Mondoshawan résonnent sans
cesse dans ma tête.
Je ne suis pas prêt a quoi,
d’ailleurs ? Je me fais un tas de films, les uns plus noirs
que les autres...
Ce qui est sûr, c'est que si je ne
suis pas prêt a franchir La Porte des Étoiles, César va sûrement
me laisser tomber... Il ne dit rien, mais je sait qu'il a un peu
besoin de moi...
« Il n'est pas prêt ! »...
Bon sang ! Je ne me rappelle pas avoir loupé un examens dans ma
vie... Mon brevet : Mention Assez bien, mon Bac, idem... Mon
permis de conduire du premier coup !
Qu'est ce que cette bestiole me
reproche ?
« Il n'est pas prêt ! »...
C'est peut-être le genre humain, qui n'est pas prêt... Pourtant,
même si la conquête spatiale n'en n'est qu'a ces début, l'homme a
déjà bien avancé... On n'est pas sur Mars, mais on y a quand même
envoyé des sondes, pour savoir où on met les pieds... C'est sûr
qu'on a pas encore leur technologie, mais bon, on avance !
Et puis merde, il aurait pu me dire a
quoi je ne suis pas prêt ! On ne balance pas des trucs comme
ça, au gens !
Des nuages passent devant la Lune,
obscurcissant soudainement le chemin.
-"Çà va ? , me demande
César. Fait attention aux serpents !", me chuchote t'il,
en riant.
Je lui souris a mon tour, d'un sourire
pincé.
Il ne me dit rien, mais il doit aussi
penser que si je ne suis même pas foutu d'éviter une vipère, il ne
peut pas trop compter sur moi... je dois le décevoir, en cet
instant...
Encore, s'il me disait : « Néo,
désolé, mais tu n'es pas prêt ! », d'accord !...
Je pourrais en discuter avec lui, voir ce qui ne va pas, voir ce
qu'il faut corriger..
Je lui demanderais bien, là, a
l'instant, mais j'ai peur de sa réponse... j'ai même peur qu'il me
mente !
A t'il, lui aussi, le Pouvoir de lire
dans mes pensées ? Je ne sais pas... Je ne sais plus.
Quelques gouttes de pluie commencent a
tomber, quand nous arrivons à la bergerie.
Je me demande, finalement, si il a un
réel Pouvoir, même celui de prévoir le temps...
Je met mon poncho sur une chaise et
vais me changer de l'autre côté.
Dans la petite pièce, le meuble
mystérieux est toujours là, au milieu de la carrée, silencieux...
Je m'essuie la tête dans une serviette et je l'étend sur la malle.
Je pense qu'une fois parti, César va
s'empresser de contacter le Conseil, leur dire que « Je ne suis
pas prêt et qu'il ne peuvent pas compter sur moi »...
-"Tu veux rester un peu ? Je
vais préparer du thé..", me demande t'il, poliment.
-"Non merci... je vais
rentrer... Je suis fatigué..."
César me salut et je repars seul sur
le chemin, vers la maison. J'ai encore une fois envie de pleurer.
Décidément, j'ai du mal a contrôler mes émotions, ces derniers
temps ; Tout ce qu'il m'a appris ne sert a rien...
Je pense alors que s'il avait voulu,
s'il avait su, s'il avait deviné, il m'aurait retenu... N'a t'il pas
vu que je n'était pas bien ?
C'est peut-être encore un test... Voir
si je m'en sort... Voir si le côté obscur m'attire...
Je souffle et essaie de faire le vide,
comme il me l'a appris...Tout en surveillant mes pas. Il pleut ;
Ces saleté de serpents ont dû regagner leur trous...
Plus loin, sur le chemin, je vois deux
ombres trapues, comme tapie dans l'ombre.
Je m'arrête, surpris. Les nuages
dévoilent un peu la Lune. Ce sont des chiens, deux gros chiens de
berger errants. Un troisième se relève de sur le bas côté. Ils semblent tous ne pas avoir de colliers à clou... Ce sont des bêtes
abandonnée, de sacré molosses, en tout cas et pas un bout de bois
dans le coin, ni même de pierre...
Je suis encore assez loin et ils ne
m'ont pas vu. La petite pluie fine doit perturber leur odorat... Je
n'ai pas envie de retourner chez César ; Il rirait bien encore
de moi, et je n'ai pas envie non plus de tenter de trouver un autre
chemin, de peur de me perdre...
Je suis seul et une idée stupide me
vient a l'esprit !.. Si je remporte cette victoire, je serais un
Jedi, et César sera fier de moi !
Cela ne me coûte rien d'essayer !
Je ferme les yeux, tend la main droite
vers les chiens, puis m'imagine un fluide terrible qui les fait fuir ... Je m'imagine tel Zeus, lançant des éclairs, du bout des
doigts, ou bien comme le terrible Palpatine quand il décide de tuer
Luke... Je me concentre et me concentre encore...
Je pense à Luke, qui résiste...
César ne m'a pas parlé de Luke
Skywalker... Le connaît t'il ?
Je sens que je m'égare... Je me
concentre de nouveau sur les bestioles.
Je reste ainsi, prés d'une minute,
seul, sur ce chemin, a chercher le Force qui fera fuir ces chiens...
J'ouvre les yeux. Je suis trempé. Ces maudits chiens sont toujours là, se prélassant sur le sol humide, à une
vingtaine de mètres.
Je souffle, je me sens intérieurement
ridicule, tandis que l'agacement puis la colère m'envahit. Tout mon
corps se raidit de frustration.
Soudainement, mes jambes commencent à
courir vers les bêtes et mon corps les suit, tel une machine
machiavélique. Je me met à hurler en brassant l'air de mes
bras!
- »Foutez-moi le camps, sales
bestioles ! Foutez-moi le camps ! »
Les chiens se relèvent, surpris. Ils
semblent tétanisés, quelques instants, puis prennent soudainement
la fuite, en hurlant à leur tour, la queue basse. Je continue a
courir et je continue a hurler. Cela me soulage, presque ! J'ai
envie de les poursuivre et de les massacrer uns a uns, les uns après
les autres, jusque dans leur repaires ! Je sens une Force
incroyable m'envahir. Je me sens libre, même sous la pluie qui
s'évapore sur ma peau, tellement je suis bouillant. Je cours jusqu'à
m'essouffler, haletant comme une locomotive, dans les rue du village.
J'arrive devant la porte de la maison.
Je souffle et dessert les poing...

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