2- Je me pose!
Je suis toujours dans la chambre, affalé sur le lit. Comme a l'habitude, impossible de dormir tellement j'ai bu de café sur la route. Sous la fenêtre, j'entends les voisines causer avec ma femme, au dehors. Elles chuchotent, avec quelques petits rires étouffés. Dans une heure, tout le village saura que nous somme arrivés; pas besoin de téléphone.
Paredes est un petit village de montagne, dans la région de "Tras montes", au nord du Portugal, qu'il ne faut pas confondre avec l'autre grande ville, qui n'a rien a voir, proche de Porto...
Ici, ce n'est que maisons de pierres, terres rouges et châtaigniers, ainsi que chemins tortueux et poussiéreux, bordés d'oliviers centenaires.
L'hiver y est rude et l'été brûlant.
Bragança, la grande ville, est situé au fond de la vallée, a 20 kilomètres d'ici..
Pour ceux qui peuvent difficilement quitter le village, surtout l'hiver, une multitude de marchands ambulants en camionnette s'arrêtent tous les jours sur la place. Au coups de klaxon, les gens d’ici reconnaissent a l'oreille s'ils ont affaire au boulanger ou au boucher... Nous autres, de la ville, ne constatons certains jours qu'un balai ininterrompu de tacos bruyants... Les marchands viennent souvent d'Espagne, la remorque et même la cabine remplies de melons et pastèques juteuses a souhait.
La maison que nous habitons se trouve sur une des places du village. C'était autrefois une taverne, rénovée depuis en maison d'habitation. Sur la place, pavée de bloc de granit gris, se trouve une fontaine, ainsi qu'un "coreto", sorte de banc en pierre circulaire où les gens peuvent venir causer, le soir, chacun apportant son coussin...
Mais l'endroit préféré des habitants du quartier se situe bien juste sous nos fenêtres, car les anciens bancs de la taverne sont restés là, adossés a la maison et c'est un vrai plaisir de s'y asseoir, le soir, a causer sous les étoiles, le soleil ayant réchauffé toute la journée les gros blocs de pierre...
C'est un village tranquille, où même les enfants peuvent courir dans les rue jusqu’à très tard le soir.
Le seul endroit qui leur soit interdit est le chemin des Mines, mais a grand renfort d'histoires terrifiantes contées par les anciens, les parents sont sûr que leurs progénitures ne s'y aventurerons jamais...
En effet, une importante mine de tungstène a été exploitée jusque dans les années 1970. Elle a fait, d’ailleurs, la richesse du village, a cette époque. A la fin de son exploitation, qui a été assez soudaine, tout est resté en place: Certaines galeries et autres puits n'ont même pas étés comblée et il subsiste encore, au milieu d'une friche, la tête de puis et sa grande roue de fer. Pour ceux qui osent encore s'y aventurer, l'endroit reste assez macabre et certainement mystérieux. Même les bergers, pourtant aguéris, n'y laissent pas pénétrer leur moutons, de peur d'y voir disparaître subitement tout leur troupeau dans un éboulement de galerie. A en croire certains, le soir venu, le vent siffle comme le cri de la mort en se glissant dans les baraques de tôles ondulées...
Souvent je pense que jadis, dans la pièce même ou je dors, des mineurs au visage rouge ont du boire et chanter...
Finalement, j'ai dû m'endormir, mais je ne sais pas combien de temps... La lumière passe doucement par les fentes des persiennes, si bien que je ne sais plus si on est le soir ou le matin.... Je pense qu'on est le soir. Cela m'étonnerais que j'ai dormi une nuit complète... C'est une étrange sensation, comme être hors du temps...J'écoute les bruits de la rue: Rien. Les gens doivent être en train de souper et se préparer a aller au café...
Article wikipedia sur les Mines de Paredes
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